Paname Burlesque Revue 6
D'années en années, le mois de septembre voit fleurir ses immuables rendez-vous avec la précision d'un horloger suisse ; rentrée littéraire, rentrée scolaire, rentrée syndicale... rien de très amusant me direz vous. Alors exit les querelles autour des prix littéraires ! Exit les manifestations et autres revendications syndicales ! Et enfin exit les ronchonnements des lycéens/collégiens/profs etc... bref, virez moi toutes ces sources de stress et faites place à la seule rentrée qui nous concerne, nous touche et nous fasse vibrer ; la rentrée burlesque. Oui, place à nos effeuilleuses adorées qui, grâce à leur charme et à leurs talents, vont éblouir cette nouvelle année. Et direction le Balajo pour la Paname Revue Burlesque.

La scène est prête, la musique également, le public trépigne quand soudain, la cloche retentit. Et voilà que débarque un groupe tout en couleur, où se côtoient l'équipe du film Grease, écolières espiègles et filles en robe de soirée. Quel mélange ! Mais surtout, quel vacarme. Il est temps de remettre un peu d'ordre. Et c'est la sublime Lady Flo, (aidée par la non moins sublime Mademoiselle Oh) qui, en maitresse d'école un tantinet sévère mais toujours aussi séduisante va se charger de rappeler à l'ordre nos mutins. Et d'annoncer la belle Mara de Nudée.
Sur le cultissime « Elisa » de feu Gainsbourg, cette dernière fait son apparition. Et lance le ton de la soirée : glamour encore et encore ! Dans son manteau noir à paillettes et sa robe rouge, Mara était bien la plus belle pour aller danser. Et sa pluie de cœurs rouges a dû faire chavirer plus d'un cœur présent ce soir (pardonnez moi pour cet infâme jeu de mot).
La musique terminée, voilà qu'apparaît Mam'zelle Viviane en courant et couverte de sacs. Et face à elle, un directeur de casting impitoyable. Danse endiablée, lascive ou énergique, rien ne sera assez bon pour cet étrange homme qui lui refusera le rôle. Comment résister à la grâce de la séduisante Viviane ? Comment rester impassible devant une telle prestation ? Si vous avez la réponse, ne me la donnez pas, je ne veux rien savoir d'un homme aussi froid.

Certains fantasmes sont éternels. Et celui de l'écolière en est l'un des meilleurs exemple. Mais attention, l'écolière Pom Cannelle n'a rien à voir avec l'écolière façon Britney Spears. Nous sommes face à un show ensorcelant, envoutant, digne de faire exploser le plus robuste des thermomètres. La pauvre Britney faisait figure de pistolet à eau comparée à la délicieuse Pom Cannelle. Que voulez-vous, le talent n'est pas universel.
« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées » lit-on dans la Bible. Il n'y a pas que la lumière qui a aimé les ailes de Vicky Butterfly. Accompagné du magnifique « Where is my mind » au piano, notre papillon fut juste hypnotique. Le silence était religieux, l'émotion poignante, la prestation majestueuse. C'est bien simple, les mots me manquent. Tout superlatifs ou adjectifs seraient inutiles, je ne peux que vous faire amèrement regretter d'avoir manqué cette prestation. « Même pour le simple envol d'un papillon tout le ciel est nécessaire » écrivait Claudel. Comme il avait raison... Et voilà la première partie de la soirée terminée.
Toujours aussi autoritaire (mais toujours aussi sublime), Lady Flo nous annonce la suite du programme avec une mauvaise élève. Qui d'autre pour interpréter ce rôle que Pom Cannelle, qui était autant à croquer que sa sucette et ses gâteaux engloutis goulument. Le genre de mauvaise élève que l'on rêve de dévorer.

Il existe un Dieu du burlesque. Et ce Dieu a écouté mes prières et a offert une deuxième prestation du papillon so british, à savoir Vicky Butterfly. L'émotion était toujours aussi intense et je n'ai toujours pas le talent de Claudel, tout commentaire serait donc bien terne. Alors, fermez simplement les yeux et imaginez.

La fin de la soirée sera musicale. D'abord par par Lili's Wing qui fera honneur à la trompette puis enfin par le retour de Mara de Nudée qui clôturera le spectacle par sa voix douce et chaude. Un grand merci à toutes et à tous pour cette soirée. Le champs lexical du mois de septembre est habituellement morose, voire triste. Lady Flo et ses filles ont réussi l'exploit d'y ajouter les mots « magique » et « glamour »...
Nicolas K.
Lien vers la galerie photo de la soirée.


