La Petite Cour des Astres
Passages tirés du Nouveau Blog de Stella Polaris.
"J’évoquais hier le style de burlesque que j’aime : esthétique avant tout, inspiré des élégances du passé, un brin sulfureux. Je me préparais alors à découvrir le premier spectacle de la Petite Cour des Astres. Je ne savais pas, même si je pouvais m’en douter, à quel point il allait combler toutes mes attentes.

Dans le merveilleux décor du China (mi Shanghai rétro, mi Black Lodge de Twin Peaks), nous commençons par admirer l’exposition photo de Dimitri Lepretre : portraits des membres de la Petite Cour, exclusivement argentiques et en noir et blanc, saisissants et sensuels. On a parfois tendance dans ce genre d’événement à oublier les expos ; ce serait vraiment dommage dans ce cas précis. De délicieux – et bien tassés – cocktails, un profond canapé en cuir, les amies qui nous rejoignent. Nous avons voulu dîner sur place afin de ne pas manquer le tour de chant d’Isadora Gamberetti.
Elle arrive, moulée dans une robe verte à traîne, corsetée bien sûr, avec les longs gants noirs et la perruque flamboyante d’Yvette Guilbert. Accompagnée au piano du jeune Alfred, elle interprète avec la verve qu’on lui connaît quelques chansons de la Belle Epoque. Certains dîneurs, qui ne savaient manifestement pas à quoi s’attendre, sont d’abord interloqués, mais comment ne pas être conquis par la Gamberetti ? On voudrait d’autres chansons !… ce sera pour un prochain spectacle.
En attendant, il est l’heure de descendre au sous-sol, pour découvrir le reste de la troupe.
Isadora joue les Madame Loyale pour introduire successivement la gracieuse Sucre d’Orge, la fatale Ema Montès, Blanka Lazare scintillante de joyaux et Dyna Dagger, véritable incarnation de Jessica Rabbit. Chacune fait deux apparitions sur scène, et c'est Sucre d'Orge qui ouvre le bal avec son numéro de Poupée Mécanique savamment déglinguée, digne de l'Olympia des "Contes d'Hoffmann".

Sucre d'Orge - Poupée Mécanique
L'ambiance s'installe, troublante. Ema Montès offre ensuite un numéro d'effeuillage plus classique, où son charisme et ses poses font merveille, avant de s'armer d'une houppette géante pour disparaître derrière des nuages de poudre...

Ema Montes
C'est au tour de Blanka Lazare. Je l'avais vue une première fois au Balajo, et le contraste est saisissant.

Blanka Lazare - Laurent A. Fouchet
Elle a trouvé l'assurance qui lui manquait encore, et si son visage reste impassible, les ondulations de son corps sont plus qu'expressives. Elle n'a pas à pâlir à côté de la somptueuse Dyna Dagger, au numéro très film noir, très "dangereuse beauté".

Dyna Dagger - Alexandre Bouchicot
Après un petit entracte, Ema et Dyna reviennent pour un duo au principe génial : l'une déshabille l'autre et se rhabille de ses vêtements.

Duo - Ema Montes & Dyna Dagger - Laurent A. Fouchet
Les rôles s'inversent, les personnalités s'échangent. Là aussi c'est très, très sensuel et visuellement magnifique. Tout comme l'est le final du second numéro de Blanka Lazare, quand cette aventurière en quête du Graal déverse soudain un torrent de paillettes sur sa poitrine nue.

Blanka Lazare - Xavier Pixelgamma
Tout comme, bien sûr, la danse d'éventails de Sucre d'Orge. Vous pensez que toutes les danses d'éventails se ressemblent ? Vous n'avez jamais vu Sucre sur scène. A chaque fois, elle renouvelle le genre et m'éblouit.

Sucre d'Orge - Alexandre Bouchicot
Beauté renversante (limite, si je ne les aimais pas autant je les détesterais d’être autant à tomber par terre), excellentes performances (pas une pour faire baisser le niveau, et c’est rare dans les revues burlesques), le tout dans une atmosphère raffinée mais pas snob, avec un public qui a fait un réel effort de toilette, ce qui ne gâche rien... Elles reviennent au China en septembre avec un nouveau spectacle : c'est à ne pas rater !"
Stella Polaris.

Sucre d'Orge et Isadora Gamberetti
Merci à toutes pour ce merveilleux spectacle.




