Entrevue avec Sucre D'Orge
crédit photo Teaser: Tom Hagemeyer.
Sucre d’Orge, ta douceur ne te fait pas échapper à notre question habituelle, es-tu Burlesque ?
Sur scène sans aucun doute !
Qu’est ce qui t’a donné l’envie de te lancer dans l’effeuillage sur scène ?
J’ai eu la chance de poser pour Dr Sketchy anti-art School à Paris (séances de dessin sur modèles vivants en costume) et de créer à cette occasion mes premiers effeuillages : « Le rêve érotique de la poupée mécanique » et « La boîte à musique de Marie-Antoinette ». L’accueil chaleureux du public m’a donné des ailes et je plane encore aujourd’hui !
Existe-t-il des scènes que tu affectionnes plus que d’autres ?
Je te prends au mot : la scène rétro-éclairée de la Nouvelle Ève est sans doute celle que j’aime le plus, elle fait un corps de rêve ! J’aime aussi beaucoup danser au China où je me produis régulièrement avec La Petite Cour des Astres.

photo: Soazig Le Bozec
Deux des grands thèmes de tes performances sont le XVIIIème siècle et la culture asiatique du siècle dernier, ce qui est bien loin du quotidien. Est-ce que l’effeuillage burlesque est un moyen d’évasion pour toi ?
Oui, ça me permet de me réinventer dans d’autres contextes, de me rêver dans des rôles différents : un peu comme dans le roman de Virginia Wolf Orlando. J’espère que c’est une évasion partagée avec le public !
Tu voyages beaucoup ?
Pas assez à mon goût ! Je suis partie plusieurs fois en Chine et j’en suis amoureuse. J'aimerais aussi découvrir l’Inde et retourner en Russie. Le burlesque m’amène également à voyager : New York, l’Italie, l’Allemagne... mais c’est malheureusement toujours un peu trop rapide !
Revenons à tes numéros, est-ce que c’est important pour toi qu’il y ait toujours une ambiance d'époque lors de tes acts ?
Je me projette souvent dans des univers anciens ou exotiques. C'est une première source d’inspiration mais c’est juste le décor, l’essentiel est ailleurs.

photo: Soazig Le Bozec
D’où vient ton nom de scène ?
Je voulais un nom qui ne s’attache à aucune époque ou lieu particulier. Après plusieurs pages de recherche et de ratures, « Sucre d’Orge » est apparu et ça m’a tout de suite plu : simple, coquin, avec de belles sonorités et un côté désuet charmant.
Comment passes-tu d’un numéro mélangeant danse classique et poupée à un numéro de danse indienne inspiré par Bollywood ? Comment fais-tu pour jouer sur ces contrastes ?
Ce sont justement ces métamorphoses qui me plaisent dans le burlesque. Ca me permet d’exprimer toute ma fantaisie et c’est aussi une manière de me renouveler même si j’y imprime toujours mon style.
Arrête moi si je me trompe mais tu sembles fascinée par la poupée automate des Contes d’Hoffman. Qu’est ce qui t’attire dans ce personnage ? Ses gestes saccadés, sa capacité à séduire sans être vraiment humain ou c’est tout simplement que tu aimes les robots qui ont du style ?
Pour être honnête j'ai découvert Olympia après avoir créée mon numéro de poupée mécanique. J'étais à l’époque plus influencée par Coppelia ou la marquise dans le Casanova de Fellini. Une poupée peut tout se permettre quand elle s’anime : elle a un bref moment de vie et de liberté avant de retourner dans le monde des objets. C’est pour elle le moment d’exister pleinement. C’est aussi ce qui se passe sur scène par opposition à la vie quotidienne, une sorte de parenthèse enchantée.

Ton numéro de plumes est exceptionnel, comment as-tu appris à les manier ainsi ? Est-ce un art difficile ?
Merci !
J’ai passé trois semaines en immersion totale dans un élevage d’autruches en Afrique du sud et j’ai compris une chose : il ne s’agit pas de « manier » les plumes mais de danser avec, c’est une extension de soi et pas seulement un accessoire.
Dans tes scénettes on sent que le raffinement est quelque chose de très important, est-ce un trait de caractère que tu appliques à ta vie de tous les jours ou est-ce que tu le réserves pour tes shows ?
Sur scène je soigne chaque détails et j'accorde une attention particulière aux finitions, je ne suis pas aussi perfectionniste lorsqu'il s'agit de ranger mon appartement...

photo: Soazig Le Bozec
D’ailleurs comment se passe une journée de Sucre D’Orge ?
Mister Hyde ne parle jamais de Dr Jekyll et vice versa.
Quel est le secret d’une bonne performance Burlesque ?
Quelque soit le type de performance c'est l’énergie dégagée sur scène et le contact avec le public qui font la différence. Sans ça les costumes, décors et paillettes sont vains.

photo: Soazig Le Bozec
Si tu devais choisir un accessoire lequel serait-il ?
Les éventails en plumes bien sûr !
Pour finir, s’il y avait un genre de thé dans lequel tu devrais te baigner, lequel choisirais-tu ?
Oh...j'adore l'idée ! Au printemps je choisirais un thé vert au Jasmin, de Chine. C'est un thé où les feuilles, roulées en petites perles, se déploient comme des algues au fond de la tasse, on dirait des dragons. Clair, léger, ondulant et parfumé, il serait parfait.
Pour l'hiver je me réserverais un thé de Noël ou un thé russe noir, très chaud et plein d'épices.
Retrouvez Sucre d'Orge dans Be Burlesque, Le Livre







