Entrevue avec Miss Glitter Painkiller
Chris do Carmo : Comment es-tu tombée dans le Burlesque ?
Miss Glitter Painkiller : Il y a cinq ans à Paris, j'ai rencontré Cerise Diva Champomy qui faisait partie d'une une troupe, les Kisses Cause Trouble. La première fois que je les ai vues sur scène j'ai tout de suite adoré puis sympathisé avec tout le monde. J'ai commencé à les suivre et les accompagner jusqu'au jour ou ils m'ont proposé d'intégrer la troupe. J'ai réfléchi et après quelques temps je me suis lancée. Je devais d'abord passer une audition j'avais préparé mon numéro, et une fois sur scène ils m'ont demandé de faire un strip tease improvisé de deux minutes. L'angoisse ! (Rires...) J'étais déçue de ma prestation mais ils m'ont prises ! Mon premier pseudonyme était Mademoiselle Bébé, je jouais le rôle d'une petite fille un peu autiste. Tout le monde s'entendait bien, chaque personnage était très caricatural, poussé à l'extrême, de vrais personnages limite freaks. Puis j'ai évolué, trouvé mes goûts et avec Cerise on a décidé de monter notre propre troupe. Il s'agissait d'une évolution naturelle, faire un truc plus personnel, plus pin-up, et moins théatre : Les Bump n' grind honeys, qui ont existé de 2006 à début 2009.
Crédit photo: Fabien Lemaire
Chris do Carmo : Tu organises, tu performes, tu poses pour les photographes, et tu es également journaliste, tout ça pour une seule femme, es-tu hyperactive ?
Miss Glitter Painkiller : Disons plutôt, que je suis perfectionniste. J'aime préparer tout bien à l'avance, car même si l'on fait le truc nickel à 100% il y aura toujours un problème le jour j, donc au moins je suis préparée! (Rires...) Pour ce qui est du journalisme je suis presque en pause à l'heure actuelle. Cela fait 5 ans que je fais du burlesque maintenant, cela a bien évolué, c'est plus simple à appréhender. Par exemple à la rentrée dernière, j'avais envie d'en profiter et de présenter mon idée du Burlesque. Je suis exigeante et jamais satisfaite ! C'est un choix, un choix de vie difficile, mais je suis plus épanouie qu'avant. Je travaille seule, je ne consulte personne, je fait des tests, mais toujours sans compromis et à fond. Je me suis essayé à un style plus glamour quand je me suis lancée en solo, mais je me suis vite rendue compte que mon truc c'était vraiment le second degré et tant pis si je me retrouve avec des photos de scènes où je fais des grimaces! Je dirais que c'est avec le numéro du Cake d'amour que je me suis totalement lachée. En résumé j'aime faire un numéro qui n'a jamais été réalisé, qui colle à ma personnalité.
Réalisé par Zorgomatic.
Miss Glitter Painkiller : Je suis une fille gaie, optimiste, positive, je fais partie de ceux qui voit le verre à moitié plein. Pour moi le Burlesque n'est pas un art, mais un divertissement, mais il n'y a rien de plus noble. Donc forcément mes numéros restranscrivent mon univers et mon humour, parfois un peu concon! (Rires...) J'aime le second degré. Cela a beaucoup plus de force pour moi lorsqu'une jolie fille se lâche et se moque d'elle sur scène. J'adore quand ça bouge, des filles comme Dirty Martini ou Kitten de Ville, qui ont une énergie et un charisme hallucinant. Moi en tant qu'effeuilleuse, j'ai besoin d'un retour. Entendre le public rire avec moi c'est génial. J'aime surprendre les gens, ne pas être là où ils m'attendent. J'aime incarner des personnages énergiques et un peu cinglés j'avoue.
Chris do Carmo : Tu as beaucoup de tatouages, tu es tombée dedans quand tu étais jeune ?
Miss Glitter Painkiller : J'ai découvert les tatouages quand j'étais ado, j'étais un peu comme un enfant dans un magasin de jouet. C'était le début d'internet, je regardais les photos des modèles américains, tatouées, les cheveux colorés... Par contre pour mon premier tatouage, j'ai attendu d'avoir 20 ans, et heureusement ! C'est mon coeur sacré dans le dos... Puis j'ai découvert le Velvet Hammer et sa créatrice Michelle Carr qui est bien tatouée et je me suis dit c'est à une femme comme ça que je veux ressembler. Pas que jolie, pas que bien foutue ; mais surtout bien dans sa peau qui dégage de la force et de la confiance. Je n'explique pas se besoin de me faire tatouer c'est instinctif et naturel. Ca m'a permis de m'approprier mon corps, d'enlever des complexes, et surement que ça m'a aidé à me déshabiller sur scène. Souvent on me demande si il y a besoin d'avoir un tatouage pour monter sur scène : je réponds NON. Il y a aussi cette chose des étiquettes, je n'aime pas l'idée Tatouée = Rockab, etc... Le raccourci est trop facile. Cela n'a rien à voir. Il existe des clichés pas forcément négatifs mais malgré tout, il y a toujours un regard différent, mais j'ai passé le cap d'en avoir quelque chose à faire.
Crédit Photo: Thibault Stipal
Chris do Carmo : Combien de numéros as-tu à ton actif ?
Miss Glitter Painkiller : Si la question est depuis mes débuts, et bien je ne compte même plus. J'aime bien les duos aussi, j'en ai 6, ainsi que 6 solos. J'aime bien choisir suivant l'endroit et si les gens connaissent bien le burlesque ou pas. Je fais des perfs un peu plus barrées de temps en temps. Je préfère certains numéros plus que d'autres. Un chose très importantes pour moi est d'être en rythme avec sa musique, je vois trop souvent des filles qui n'ont pas l'air d'entendre leur bande son... C'est pour ça qu'il faut roder ses numéros un maximum. J'ai fait certains numéros 30 fois, donc maintenant je suis super à l'aise ce qui me permet d'improviser et de tester des choses nouvelles selon le public. De toute manière j'improvise beaucoup, ce qui est plus facile quand le public est receptif et même s'il l'est moins ça me permet de m'amuser.
Crédit Photo: Frédéric Betsch
Miss Glitter Painkiller : Non pas seulement, ce qui m'inspire dans le Burlesque c'est la musique, les artistes avec beaucoup de charismes comme par exemple David Bowie, ou Blondie, dont je suis super fan. Les musiciens m'inspirent, et j'adore assister à des concerts et voir comment les ils bougent sur scène et transmettent une énergie au public. Ces inspirations reflètent mon style qui forcément s'apparente plus au Rock qu'au Jazz, mais pas seulement. Il est plus facile de transmettre de l'énergie sur une musique entrainante. Par rapport à mon image tatouée, Rock&Roll, j'ai dépassé les clichés. Mon inspiration principale est le Velvet Hammer et j'ai eu la chance de voir Michelle Carr sur scène, je ne crois pas m'en remettre un jour ! (Rires...) J'aime moins le burlesque classique, et même si certains artistes peuvent faire les deux, moi mon identité c'est vraiment le new burlesque. J'adore le Rocky Horror Picture Show, les cabarets un peu freaks, les travestis, je suis fan de Michou ! (Rires...) D'ailleurs à mes débuts je me maquillais un peu trop, et je ressemblais parfois à un travesti ! (Rires...) Enfin oui, je suis 100% Glitter, paillettes et princesse.
Chris do Carmo : Existe-t-il un pays que tu souhaiterais absolument découvrir dans le milieu Burlesque ?
Miss Glitter Painkiller : Oui, j'aimerais performer aux Etats-Unis ! Avant 2011, je souhaiterai y aller, et retrouver mon amie Kitten de Ville. Mon rêve serait d'aller au Burlesque Hall of Fame à Las Vegas et pourquoi pas performer sur place. Il existe une vraie histoire Burlesque aux Etats-Unis que l'on n'a pas ici. Mon rapprochement avec Kitten m'encourage vraiment à me lancer là-bas. D'ailleurs je pense qu'ils apprécieraient mon style qui est plus proche du leur. Sinon les voyages j'adore la Belgique, la Suisse, La Rochelle, Marseille, Saint Tropez... et les rencontres qui en découlent. J'aime autant les destinations exotiques, que partir en banlieue, j'aime la découverte et je peux préparer ma valise en 5 minutes!
Crédit Photo: Frédéric Betsch
Miss Glitter Painkiller : Je pense qu'il y a une place à prendre pour les hommes. D'ailleurs les hommes ne sont pas les premiers spectateurs, ils sont trainés par leur copine, et en général ils passent une bonne soirée. Pour ce qui est du Boylesque, c'est mieux pour moi de prendre des artistes dans un show, des musiciens, des chanteurs... Le plus intéressant est de proposer un truc original. Il y a quelques mecs qui me contactent de temps en temps, qui me demandent des conseils. Il existe vraiment un créneau à exploiter, comme par exemple celui de Mr Loyal. L'effeuillage, cela reste féminin, je préfère regarder une femme se déshabiller. Mais c'est un challenge alors les garçons apprenez à faire tournoyer votre boxer au dessus de votre tête!
Chris do Carmo : Sinon, comment était Miss Glitter Painkiller enfant ?
Miss Glitter Painkiller : Ma mère dit que j'étais une enfant très facile. (Rires...) Je n'avais pas trop le droit de regarder la télévision, donc je lisais beaucoup. J'aimais beaucoup les animaux et je préparais des spectacles à la maison avec mes copines. J'étais assez autoritaire, je savais déjà ce que je voulais ! Je dessinais beaucoup, malheureusement ce n'est pas resté et déjà je me déguisais tout le temps. Mon père écoutait de la musique classique et j'adorais danser et inventer des histoires sur la musique. Cela développait pas mal mon imagination et ma couleur préférée était le rose bien sur ! J'étais fille unique et étrangement j'aimais beaucoup l'école...
Crédit Photo: David Ramdany
Miss Glitter Painkiller : Alors je conseillerais d'abord de se documenter, savoir qui est qui, et qui fait quoi. Entrer dans l'esprit. La Fraternité dans le Burlesque est primordiale pour moi. Ensuite, il faut absolument aller à un maximum de soirées, sur internet, affiner ses goûts,et trouver une identité artistique. Chose importante également, n'hésitez pas à rencontrer les gens et discuter avec eux. A l'occasion, pourquoi ne pas prendre des cours mais tout en gardant son identité. Il faut aussi savoir être patiente et attendre le bon moment pour se lancer une fois que vous êtes prêtes. Aujourd'hui je ne pense pas qu'une nouvelle effeuilleuse ait le droit à l'erreur. Sa performance doit être bien tout de suite.
Il faut surtout savoir rester humble, à l'écoute et apprendre. Attention à l'attitude, c'est un boulot, il existe des codes de politesses, comme bonjour, merci. Il s'agit d'un échange avec tout le monde surtout, il ne faut pas oublier la technique, les lumières, et tout le staff qui travaille derrière, pour vous faire performer sur scène. Et il faut toujours faire sa prestation sans trop s'inspirer ou bien copier des choses existantes. Etre le plus honnête possible est faire ça avec son coeur. Travailler dur mais sans trop se prendre la tête, il ne faut pas oublier que c'est un divertissement avant tout.
Chris do Carmo : Au final, tu as un joli site, des dates, que peux-t'on te souhaiter pour l'avenir ?
Miss Glitter Painkiller: Déjà, j'aimerai bien que cela se démocratise, que l'on se rende compte que c'est un vrai métier et pas comme c'est encore le cas des chaudasses qui font tomber des fringues. (Rires..) J'aimerai continuer à avoir des propositions toujours plus intéressantes, voyager, rencontrer des gens. Je prends vraiment mon pied. Le burlesque attire un tas de filles caractérielles et je trouve ça vraiment nul. On est la pour divertir et pas se crêper le chignon. Tout le monde a sa place dans ce milieu, chaque style, à condition d'avoir du talent bien sûr. (Rires...) Les jalousies et petites guerres ne m'atteignent pas et même me poussent à me dépasser !
Chris do Carmo : Un dernier mot pour les lecteurs du site ?
Miss Glitter Painkiller : J'espère avoir donné envie à ceux qui ne me connaissent pas encore de venir assister à mes spectacles. D'ailleurs, je serai plus que ravie de continuer à tourner en France et ailleurs. Au plaisir de vous rencontrer !
Je remercie Beburlesque.com de s'être intéressé à ma petite personne.
Chris do Carmo : Miss, c'est au nom de toute l'équipe que nous te disons un grand merci et nous te souhaitons une bonne route. Pour nous tu es burlesque, unique, communicative, et positive !
Plus d'informations sur Miss Glitter Painkiller: http://www.missglitterpainkiller.com/
Crédit Photo: Fabien Lemaire












