Entrevue avec Marianne Cheesecake
Franz Von Berlin : Marianne commençons l'interview par notre question fêtiche : es-tu burlesque ou pas ?
Marianne Cheesecake : Oui je suis Burlesque. J'ai performé pendant des années en tant qu'effeuilleuse burlesque mais aussi participé à de nombreux shootings et événements vintage Et surtout, je suis une membre active de la communauté.
Franz Von Berlin : Comment es-tu devenue une danseuse burlesque ?
Marianne Cheesecake : Ca a démarré en 2003 au Canada. J'étais encore étudiante et jai participé au projet "The Cheesecake Club", qui était un spectacle burlesque musical. Nous avions tous un personnage spécifique. Le spectacle se jouait sur scène et hors scène où les même acteurs faisaient semblant de se battre et dévoilaient ainsi la suite de l'histoire. Ce premier contact avec le Burlesque dura quelques mois.
Après ça j'ai déménagé au Royaume-Uni et j'ai cherché de nouvelles opportunités d'en faire, c'est comme ça que ça a commencé.
Franz Von Berlin : Quand as tu vraiment commencé à être une artiste burlesque et quelles étaient tes influences ?
Marianne Cheesecake : J'ai commencé en 2003, mais mes scènettes et mes personnages ont réellement pris forme en 2005.
Je viens de l'univers du théatre, j'ai donc été fortement influencé par ce milieu, notamment par la comédie et les clowns. Tout de Chaplin à la Comedia Del'Arte, en passant par tous les personnages faisant des combats amusants. J'ai appris l'art du burlesque en regardant des anciens films. Pour ce qui est plus proche du burlesque même je me suis intéressé aux films anciens et à des acteurs comme Betty Grable et Anna May Wong. En somme mes influences sont la comédie, les arts physiques et l'esthétique rétro.
Franz Von Berlin : Pourquoi Cheesecake ? Tu trouves le burlesque plus sucré qu'épicé ?
Marianne Cheesecake : Cheesecake pour moi, ça correspond à un type de photo pin-up... je ne me souviens plus quand ça a commencé, mais je crois que c'est durant un shooting, où j'étais en jupe, je portais des bas. Nous avons fait beaucoup de photos, ça a duré longtemps et là quelqu'un a finit par dire : "C'est meilleur que le Cheesecake !". Depuis c'est resté : c'est mignon, c'est doux, c'est pin-up et vintage !

Franz Von Berlin : Pourquoi as tu choisi de vivre à Londres ?
Marianne Cheesecake : Au Canada, je vivais à Windsor une toute petite ville. Je ne savais pas vraiment ce qu'était le Burlesque et ce bien qu'une effeuilleuse célèbre, Roxy Delight en soit originaire. Je ne connaissais rien du burlesque en dehors de la pièce à laquelle j'avais participé.
Je ne suis rentré au Canada que l'année dernière, où j'ai eu l'occasion de monter sur scène à Montréal au festival burlesque ainsi qu'à Toronto (qui est près de ma ville natale). Il y a quelques événéments qui apparaissent çà et là. Mais je pense qu'il y a beaucoup plus de clubs à Londres. Toute la semaine il se passe des choses. C'est pourquoi j'y vis désormais.
Franz Von Berlin : Tu es résidente au Volupté Lounge, peux-tu nous décrire ce lieu ?
Marianne Cheesecake : Je performe là bas régulièrement, mais je travaille également avec d'autres clubs. Il a ouvert en 2006 en tant que restaurant cabaret. Tous les soirs il y a des événements. Cela tourne toujours autour du cabaret. Les shows burlesques font partie des revues qui y sont représentées.
Franz Von Berlin : Peux-tu nous en dire plus sur la scène londonnienne ?
Marianne Cheesecake : Il y a beaucoup d'endroits qui mixent soirée dansantes et shows burlesques ou alors spectacle complet et shows burlesques, mais pas de lieux complètement dédié à ce thème.
Par contre comme en Angleterre le Tea Time est un moment très important, il n'est pas rare de voir des effeuillages à ce moment là. C'est donc un horaire très prisé pour les événements burlesques ici.

Franz Von Berlin : Comment sont les relations entre les danseuses à Londres ?
Marianne Cheesecake : Elles sont plutôt bonnes, il n'est pas rare de voir des filles faire des duos ou des troupes de burlesque. D'autant plus qu'on rencontre de nouvelles personnes à chaque show, ce qui fait qu'il est fréquent de découvrir de nouveaux talents, de recroiser des personnes déjà vue l'année d'avant.
De plus, à Londres il y a beaucoup de festivals, ce qui est très bien pour développer son réseau et pour aller vers d'autres projets. Plus vous êtes investis, plus les gens le voient et donc les connexions se créent plus facilement. J'ai ainsi travaillé avec la marine et j'ai rencontré mon pianiste pour le Shanghaï Tea, pour lesquels je performe désormais.
En somme, les opportunités de rencontres sont fréquentes, ce qui est très profitable à la scène Burlesque.
Franz Von Berlin : On te verra au Festival de Londres ?
Marianne Cheesecake : Je n'y performerai pas, mais j'y serai sûrement pour voir des talents d'ailleurs et voir de nouvelles personnes.
Franz Von Berlin : Est-ce que tu travailles régulièrement avec une fille en particulier ?
Marianne Cheesecake : Il y a une fille avec qui j'ai fait plusieurs shows Miss Fleur de Tease, c'est un chanteuse blues. Nous avons préparé deux scénettes "Cheesecake and Tease". Nous jouerons la comédie ensemble, il y aura une vraie interaction entre nous : ce ne sera pas seulement une effeuilleuse et un chanteuse qui performe l'une à côté de l'autre.
Franz Von Berlin : Il y a-t-il une effeuilleuse que tu admires vraiment ?
Marianne Cheesecake : Oui, au festival de Montréal, j'ai adoré les shows de Dirty Martini. Elle est vraiment drôle et fabuleuse. J'ai vu également Michelle L'amour en live, elle danse vraiment bien. Son style était nouveau pour moi et il m'a fasciné.
Franz Von Berlin : Quelle est la scénette que tu préfères jouer ?
Marianne Cheesecake : J'aime beaucoup danser et jouer la comédie, donc un de mes préférés est celui où je joue Charlie Chaplin, que vous avez pu voir au Balajo. J'aime aussi beaucoup le show que je suis en train de préparer pour le Shanghaï Tea qui est empreint d'influences chinoises.

Franz Von Berlin : Tu parles souvent de tes orgines chinoises. Est-ce que cela influence tes performances ?
Marianne Cheesecake : Lorsque j'ai commencé le burlesque, je ne pensais pas trop à mes origines, pour moi le burlesque c'était les pin-ups, les plumes... Mais plus je m'impliquais dans mes numéros plus je me recherchais. Donc pour le Shanghaï Tea, je me suis demandé comment je pouvais introduire ma propre culture dans cet univers vintage. Je me suis donc dit que la Chine des années 30 irait très bien pour mes shows. Ce serait différent de ce que je fais habituellement. Il ne me reste plus qu'à voir comment l'arranger pour que cela s'assemble bien avec le reste de mes scènettes et mon image.
Franz Von Berlin : Est-ce que tu prépares toi même tes costumes ?
Marianne Cheesecake : Non, je me fais aidé par plusieurs personnes. Des fois j'achète moi même le costume, d'autres fois je demande à des gens de me faire un costume adapté à mes scénettes. Il y a un designer originaire de Californie qui a déjà fait deux costumes pour moi et il est probable qu'il en fasse d'autres.
Franz Von Berlin : Où peut-on acheter de vêtements vintage à Londres ?
Marianne Cheesecake : Si vous êtes prêts à dépenser beaucoup d'argent vous pouvez aller à Nothing Hill, j'y ai vu beaucoup de superbes costumes. Mais pour un moindre prix, Soho est un très bon endroit (So High Soho (Berwick street), Borovick Fabrics (Berwick Street) et d'autres dans les quartiers proches : Beyond Retro (Great Marlborough Street), Barnett Lawson Trimmings (Little Portland Street). On peut y acheter toutes sortes d'accessoires, des corsets... notamment à Salzbourg street. Il y a aussi plein de grossistes en bijouteries, on y trouve donc beaucoup de cristaux, de perles et autre pierres venant de la terre entière.
Franz Von Berlin : Que fais-tu en dehors du Burlesque ?
Marianne Cheesecake : J'ai fini en 2009 mon master en Drama Therapy. Je continuerai ça en free lance à côté du burlesque.
Franz Von Berlin : Arrives-tu à vivre de tes performances burlesques ?
Marianne Cheesecake : Cela dépend du moment. Noël est une très bonne période de même que les festivals d'été. Il est donc facile d'en vivre à ce moment là. Mais malheureusement je ne peux pas compter à 100% sur mes shows, ne serait ce que pour trouver le temps d'en faire de nouveaux... La création de costume est assez coûteuse aussi et engouffre pas mal des gains. Donc je ne peux pas compter à 100% sur le burlesque.

Franz Von Berlin : Pourquoi le Taï Chi ?
Marianne Cheesecake : Cela m'aide pour améliorer mes mouvements. Je suis convaincu que cela m'apporte plus de grâce et de fluidité, notamment pour réaliser mes transitions entre différentes poses. Cela m'inspire aussi pour les positions. De nombreuses performeuses se basent sur leur connaissance en danse jazz ou rock pour faire leur gestes. Or ce n'est pas mon cas. Le Taï Chi m'a beaucoup aidé pour développer mon endurance et mieux maitriser mes mouvements tout en étant original.
Franz Von Berlin : Discutons maintenant de ton passage en France, comment s'est passé ta collaboration avec Lady Flo ?
Marianne Cheesecake : Elle m'a contacté sur Myspace et nous avons pas mal discuté par email. Ensuite est arrivée l'occasion de travailler ensemble. Au départ je devais performer seulement à Valence, mais la soirée au Balajo étant très proche, nous avons décidé que je participerai aux deux événements. Cela s'est bien déroulé.
Franz Von Berlin : Comment était le public français ?
Marianne Cheesecake : J'étais satisfaite. J'ai remarqué qu'à Paris, les gens qui viennent sont assez familiers avec les spectacles burlesques. Le public criait à chaque mouvement particulier. A Valence le public semblait découvrir le phénomène et était beaucoup plus calme. Après avoir parlé aux gens après, j'étais rassuré d'apprendre que ça leur avait plu. Découvrir un autre type de public m'a rafraichi. Ce fut vraiment motivant.
Franz Von Berlin : Est-ce qu'on peut espérer te revoir bientôt en France ?
Marianne Cheesecake : Je l'espère, j'ai très apprécié venir ici. J'aimerais montrer mes autres shows notamment celui du Shanghaï Tea, vous avez l'air particulièrement réceptifs aux charmes orientaux !
Franz Von Berlin : D'autres projets ?
Marianne Cheesecake : Là je me concentre sur mes costumes. Sinon rien de plus à signaler !
Franz Von Berlin : Un dernier mot ?
Marianne Cheesecake : Merci à Beburlesque pour l'interview et à vos lecteurs pour s'être intéressé à mon background ainsi qu'à mes débuts !





