Entrevue avec Dirty Martini
Miss Anne Thropy : Bonjour, revenons à vos débuts, comment avez-vous débuté dans le Burlesque ?
Dirty Martini : Quand j'ai déménagé à New York City, c'était à l'origine pour devenir danseuse classique. Après un certain temps, je suis partie en tournée avec une troupe de théâtre dans laquelle je me suis crée un personnage kitsch pour chanter des chansons de groupes de filles des années 60. Quand on nous a demandé de faire une revue totalement américaine pour un festival à Sarajevo, juste après la guerre, la directrice Debra Roth et moi-même avons décidé de réaliser un hommage au Burlesque du début du siècle. J'ai visionné de nombreuses bandes de l'époque et j'ai remarqué que les formes et tailles des danseuses étaient bien différentes par rapport à aujourd'hui, bien loin de ce qu'on peut voir sur les affiches de publicité.
MAT : Quelles ont été vos principales influences Burlesques ?
DM : Au départ, je ne connaissais pas le nom des artistes des vidéos que je visionnais ; sauf pour les films de Klaw Irving et l'artiste Lily Saint-Cyr qui était ma préférée. Elle était pleine de grâce, elle avait le sens de la joie qu'elle exprimait par sa sensualité. J'étais aussi une grande consommatrice de performances drag, c'est à partir de celles-ci que j'ai modelé mon style. Je me suis immergée dans la culture drag et j'ai assisté à beaucoup de spectacles expérimentaux. J'ai aussi été très fortement influencée par le travail de mes collègues de New York et par le théatre de Pina Bausch.
MAT : Qu'y a-t-il dans un acte de Dirty Martini ?
DM : Actuellement, je cherche à rendre hommage au Burlesque du passé. Je nomme mes numéros en hommage aux femmes qui m'ont inspirée, animée et qui ont fait parler un peu de leur sujet. Mes performances vont du très classique au plus expérimental. J'aime être capable de me produire n'importe où.
MAT : Pensez-vous que vos courbes fabuleuses ont été un atout pour devenir une artiste burlesque célèbre ?
DM: J'ai commencé à me produire dans le burlesque car mes courbes étaient différentes de celles des autres danseuses. A l'époque où je suis arrivée à NYC, les chorégraphes qui travaillaient avec des types de corps précis ont changé pour sélectionner des danseurs plus conventionnels (par exemple, Mark Morris et Bill T Jones). J'ai été obligée de modifier mon style pour que les personnes comprennent l'avantage de mon corps dans certains contextes. Par conséquent j'ai choisi le style des années 50 car les proportions étaient plus généreuses à cette époque. Les gens ont immédiatement adhéré et trouvé cela rafraîchissant.
MAT : Vous étiez la première Miss Exotic World pulpeuse en 2004, qu'est ce que ce titre représente pour vous ?
DM : A cette époque, le monde du burlesque était très différent. Je n'avais même jamais pensé que mon corps était différent de ceux des autres. Nous étions toutes différentes. Le seul point commun que nous avions était ce contre quoi nous nous battions. Je suis très fière d'avoir obtenu le titre de Miss Exotic World, parce que j'ai un grand respect pour les artistes avec qui je me suis produite ce jour-là. Je sens que je représenterai toujours la communauté burlesque dans son ensemble.
MAT : Que diriez-vous aux jeunes filles qui ont honte de leur corps ?
DM : La seule chose à dire est qu'au plus tôt vous acceptez et appréciez qui vous êtes, et prenez conscience de l'éclat que vous apportez à ce monde, au plus tôt vous serez respectée. Ne perdez pas votre temps à vous inquiéter de ce que le monde pense ; découvrez la vérité par vous-même.
MAT : Considérez-vous le burlesque comme une sorte de thérapie pour comprendre votre corps et en être fière ?
DM : Tout d'abord, il faut prendre conscience que le Burlesque est une forme de représentation artistique. Le public doit être honoré avant tout. C'est d'ailleurs formidable qu'il existe maintenant des écoles de Burlesque telles que la New York School of Burlesque où j'enseigne souvent et aide les étudiantes dans leurs parcours burlesque personnel.
MAT : J'ai entendu parler d'un projet de film dans lequel vous êtes impliquée, pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
DM : Gràce à ma productrice européenne Kitty Hartl, le Cabaret New Burlesque est maintenant l'épine dorsale du prochain film du metteur en scène et acteur Mathieu Amalric. Nous étions en tournage sur la côte ouest de la France pour filmer une histoire fictive d'un producteur de télévision et sa tournée avec une troupe d'artistes burlesques américains. Artistes qu'il aime comme sa famille.
Le film inclus des représentations de têtes d'affiches américaines comme Kitten on the keys et Roky Roulette de San Francisco, Julie Atlas Muz de New Yord, Mimi LeMeaux de San Diego, Evie Lovell d'Hollywood et moi même. Cela a vraiment été un moment formidable et très amusant ! Vous ne pouvez pas imaginer !
MAT : Quels sont vos autres projets dans les mois à venir ?
DM : Directement après le tournage en France, je ferai mon retour à Exotic World après une pause de 2 ans. Je suis très heureuse d'être de retour aux États-Unis cette année.
Je suis également impatiente de débuter la saison estivale Burlesque à NYC. Coney Island sera en pleine effervescence quand je rentrerai chez moi. Je suis aussi très impatient de voir le nouveau show de Sealboy and the Blondes dans la station balnéaire gay de Fire Island.
MAT : Quelque chose que vous souhaiteriez rajouter ?
DM : Je suis ravie que le Burlesque fleurisse dans tant de pays différents. Longue vie à la gloire de la féminité dans toutes ses formes !!!
Credits photo :
Main Page: by Joujoubee
Black & White Studio: by Luella Photo
American Justice: by Chris Blakeley
Live show: Michael Albov
Black & White Studio: by Luella Photo
Howl Festival: by Joshua Weiner
Final Portrait: by Gerry Visco
English Version:
MAT: Let’s go back to your debut. How did you start burlesque ?
DM: When I moved to NYC I came there to be a classical dancer and after a time started touring with a theater company that performed kitschy female impersonation to 1960s girl group songs. When we were asked to do an all american review for a festival in Sarajevo just after the war, the director Debra Roth and I talked about tributing old burlesque. I had been watching old reels and thought that the different sizes and shapes of the dancers were very different in this time of mass marketed images. After I made a burlesque routine for that show, I was hooked and it sat on a shelf for awhile until a friend was doing a vaudeville show at a women's theater space and Dirty Martini was born. At that time there were a few people experimenting with burlesque in conjunction with the performance art scene in NYC. In a short time we all met at The Red Vixen Burlesque and became a close knit group of performers and friends.
MAT: What were your main burlesque influences ?
DM: Early on I didn't know the names of the performers on the videos except for the Irving Klaw films and Lily St. Cyr was my favorite. She was so graceful and had a great sense of joy with her sensuality. I also was a big consumer of drag performance and many of the acts I saw shaped my performance style. I immersed myself in the drag culture and saw as many experimental performance shows as I could. I am also heavily influenced by the work of my fellow New York performers and the theater of Pina Bausch.
MAT: What’s in a Dirty Martini act ?
DM: At present I am very inspired to tribute the burlesque of the past. I name my tribute numbers for the women that inspired the act and have the emcee talk a little about them. My performances range from very classic to experimental. I like to be able to perform anywhere.
MAT: Do you think your fabulous curves were an asset to become a famous burlesque performer?
DM: I started performing burlesque because my shape was different from other dancers. At the time I came to New York, the choreographers that were working with people with ranging body types had moved on to more conventional looking dancers. For instance Mark Morris and Bill T Jones. I had to make my own genre in order for people to understand my body in context, so I chose the 1950's as proportions were slightly more generous at that time. People understood immediately and continue to find it refreshing.
MAT: You were the first curvy Miss Exotic World, in 2004, what does this title represent to you ?
DM: At that time the world of burlesque was very different. I never even thought about my body type being at all different from anyone else. We were all different. The only norm was the one we were railing against. I am very proud of holding the title of Miss Exotic World because I have a great respect for the people who I performed with that day and I feel that I will always represent the burlesque community as a whole.
MAT: What would you say to young girls who are ashamed of their curvy body ?
DM: The only thing to say is that the sooner you accept and enjoy who you are and the brilliance that you bring to this world, the more fulfilled you will be. Don't waste your time worrying about what the world thinks, find the truth for yourself.
MAT: Would you consider burlesque as a kind of therapy to understand your body and be proud of it ?
DM: Burlesque is a form of artistic performance first and the audience must be honored above all. It's great that there are now schools such as New York School of burlesque where I often teach to help students of burlesque with this avenue of personal journey.
MAT: I have heard of a movie project you were involved with, can you tell us a little about it ?
Thanks to my European producer Kitty Hartl, the Cabaret New Burlesque is now the backbone of actor/director Mathieu Amalric's latest film. We are currently touring the western coast of France to film a fictional story of a TV producer and his tour with US burlesque artists that he loves like family. The flim includes performances by American burlesque headliners Kitten on the Keys and Roky Roulette from San Francisco, New York's Julie Atlas Muz, Mimi LeMeaux of San Diego, Evie Lovell from Hollywood and myself. It's been a really fun time so far as you can imagine.
MAT:What are your other projects for the months to come ?
DM: Directly after my tour in France will be my return to Exotic World after a 2 year hiatus. I am very excited that I will be in the States for it this year.
I'm also looking forward to the start of the summer burlesque season in NYC. Coney Island will be in full swing when I return home and I'm excited about an encore performance of Sealboy and the Blondes in the gay seaside resort of Fire Island.
MAT: Anything you’d like to add ?
DM: I'm thrilled that burlesque is flourishing in so many different countries currently. Long live the glory of the female form in all of it's varieties!!
Credits photo :
Black & White Studio: by Luella Photo
American Justice: by Chris Blakeley
Live show: Michael Albov
Black & White Studio: by Luella Photo
Howl Festival: by Joshua Weiner
Final Portrait: by Gerry Visco








