Turky Fiftiesound
Chris do Carmo : Bonjour Turky, comment vas-tu ? Première question, es-tu Burlesque ou pas ?
Turky Fiftiesound: Oui, je suis Burlesque. J'aime les spectacles vivants, j'adore le live et suis plutôt bon public.

Turky au vernissage de Dimitri Leprêtre - Crédit photo Françis Campiglio
Chris do Carmo : D'où vient ton nom Turky ?
Turky Fiftiesound : Turky vient de mon prénom, c'est un diminutif.
Chris do Carmo : Comment es-tu tombé dans le milieu rétro ?
Turky Fiftiesound: Je crois que je suis né dedans, mon père était musicien... Et grâce à mes grands frères qui écoutaient beaucoup de Rock n Roll dans la fin des années 70, je me suis mis à aimer moi aussi.
Chris do Carmo : La musique prend une part importante dans ton univers, quelles sont tes références ?
Turky Fiftiesound: Humm... Je suis plutôt fin années 40, début 50. Tout ce qui est Rock & Roll et Rhythm & Blues. La musique black americaine, baryton, saxophone, trompette, trombone, j'adore les cuivres... le rhythm n' blues , le Boogie Woogie le rockabilly, western swing , doo-wop: Roy Brown, Louis Jordan, Elvis...
Chris do Carmo : Voyages-tu beaucoup ?
Turky Fiftiesound : Enormément. J'étais à Londres il y a peu de temps, à Berlin, à Cologne, Leipzig, Stuttgart. Je vais souvent aux Etats-Unis , Canada, Suisse, Angleterre. Je voyage surtout pour ma passion, la musique, les festivals, et les amis. J'arrive à mélanger les deux.
Chris do Carmo : Par rapport aux Etats-Unis, comment comparerais-tu le mouvement rétro - rockabilly Français ?
Turky Fiftiesound : Humm... Ce n'est pas comparable. Il n'y a pas du tout les mêmes modes de vie entre la France et les Etats-Unis.
En France, le mouvement se porte mieux, en province, c'est plus festif qu'à Paris.
C'est difficile à Paris d'organiser quelque chose de bien, le public est plus critique. C'est délicat de faire venir le public dans Paris (parking , prix ,métro..), la majeure partie du milieu "rockab" habite en banlieue ou province. De plus, le milieu a pris de l'âge, et les gens ont d'autres envies, et obligation , il est difficile de ramener des grosses têtes d'affiches. Heureusement il reste encore des passionnés en France.
De plus en communication, le radio (majeur) est plus porté sur des musiques commerciales de nos jours.
Aux Etats-Unis, j'ai découvert dans le mouvement rock & roll, l'âge moyen est de 23-25 ans, les orchestres sont énormes, magnifiques. Je tiens à tirer mon chapeau à "Wild Record" qui a repris la place des anciens Labels. Beaucoup de groupes, de Cars Show, voitures anciennes et bien d'autres choses...
Chris do Carmo : Quels sont tes meilleurs souvenirs rétros en France ou à l'Etranger ?
Turky Fiftiesound : Mon meilleur souvenir, le "Big Bill Turner Show" à Amsterdam en 2000. Ce mec était bourré de talent. Il a réussi à monter un show avec l'orchestre philharmonique d'Amsterdam, le résultat était un mélange de swing ,rockabilly, rhythm & blues et pleins pleins de shows Burlesque.c'est Le meilleur souvenir de show en live . Je les avais vu un vendredi soir à Eindhoven, je devais rentrer sur Paris après le spectacle, et finalement je suis reparti pour les revoir a amsterdam. C'était magique, il s'agissait d'une ancienne église transformée en boîte de nuit.
Chris do Carmo : Existe-t-il une personne disparue ou pas que tu aurais aimée rencontrer ?
Turky Fiftiesound : Je crois que j'aurai aimé être au tout premier concert d'Elvis, j'adore les premières fois. Ah, aussi au début des années 80, j'aurai adoré être à Londres pour assister au concert de Carl Perkins, c'était un show énorme avec Clapton, Ringo Starr, la fille de Johnny Cash, Lee Rocker et tant d'autres. C'était un concert de feu, j'ai récupéré un DVD, cela me fait vibrer.

Concert Organisé par Turky - Lors du dernier Vide Grenier Festif à la RATP
Chris do Carmo : A quand remonte ton premier show Burlesque?
Turky Fiftiesound : La première fois que j'ai assisté à un show Burlesque, c'était au Canada à Montréal il y a moins d'une dizaine d'année. Vraiment, ils sont très forts les Canadiens, il y avait beaucoup d'humour, j'ai adoré, cela m'a marqué comme soirée.

Chris do Carmo : Tu es plutôt voitures ou motos rétro ?
Turky Fiftiesound : Plutôt les voitures, j'adore les américaines des années 1940 cabriolets.
Chris do Carmo : Une préférence dans les couleurs ?
Turky Fiftiesound : J'aime bien le bleu nuit, le rouge vif et le noir.
Chris do Carmo : Comment était le petit Turky dans son enfance ?
Turky Fiftiesound : Bon, j'étais assez curieux, touche à tout, promeneur, un peu bagarreur et sportif. Très vivant on va dire...
Chris do Carmo : Parles nous un peu de Fiftiesound ?
Turky Fiftiesound : Fifties Sound est une association. Je considère cela un peu comme mon bébé, cela fusionne avec moi : la musique, les brocantes vintages, les soirées, les festivals, les potes. On peut dire que c'est plutôt un projet culturel qui regroupe tous les éléments précédents autour du rock n' roll , du mouvement Vintage ,burlesque . Cela fait une dizaine d'années que Fifties Sound existe.
Chris do Carmo : Comment es-tu devenu DJ ?
Turky Fiftiesound : C'est une histoire marrante, à la base, je n'ai jamais voulu être DJ. Cela a commencé lorsque que j'organisais moi-même des soirées au début des années 90. Un soir, mon DJ a eu un empêchement, j'ai du le remplacer. Les invités ont apprécié, comme j'aime bien dansé, j'avais une petite idée de ce qu'attendaient les danseurs... C'était ma première fois. Ensuite, une autre soirée où le DJ présent avait tellement bu que j'ai du le remplacer. J'ai reçu des encouragements, cela m'a poussé à continuer. Par la suite, je fréquentais beaucoup les soirées d'"Albert de Paname", comme précédement, on m'a demandé de remplacer aux platines 30 minutes, et au final ça a plu à tout le monde et j'ai mixé toute la nuit, c'est comme ça que j'ai animé tous les dimanches soirs "les Bouchons" (Paris les Halles) après j'ai mixé tous les dimanches soirs aux Bouchons. C'était sympa, il y avait tout le gratin français des années 90. Vraiment, c'est Albert de Paname qui m'a appris le métier de DJ, comment gérer les temps forts, pour que les danseurs ne soient pas usés au bout de 10 min, et bien d'autres petites ficelles du métier.
DJ Turky, voilà mon apprentissage! Enfin, au Balajo tous les mercredis soir depuis 16 ans, puis la Guinguette de l'Île du Martin Pêcheur pendant 13 ans, on y programmait une dizaine de concert par an, le Bal Swing de Paris Plage et des centaines d'autres événements. J'ai rencontré pleins de gens, français et étrangers, on m'a proposé d'animer des festivals un peu partout, je me suis retrouvé en Suisse, Los Angeles, Las Vegas, en Angleterre, Italie, Allemagne et ça continue entre autres...
Chris do Carmo : Peux-tu nous dire comment t'es venu l'idée d'organiser la Brocante Vintage du dimanche à la court Débille dans le 11ème métro Voltaire ?
Turky Fiftiesound : je m'habille Vintage depuis le début des années 80, c'est mon style, j'ai toujours gardé ça en moi. Un jour, alors que j'animais des après-midis dansant au Blue Billard dans la salle de restaurant, le boss ma dit que je dérangeais un peu le service (gastronomie) du coup, ils m'ont descendu dans la Salle de Billard n°2, dans laquelle je devais organiser mes après-midi dansant dans un endroit très grand de 500m2, et pas très commode pour danser, le revêtement au sol était en goudron. J'ai proposé aux potes de ramener leurs affaires afin de meubler un peu l'espace. Petit à petit, les gens échangeaient, vendaient leurs affaires, le mouvement à bien pris. Les gérants du Blue Billard étaient satisfaits, tout le monde était content. Le mois d'après, je me suis dit qu'il fallait poursuivre cette idée, créer un évènement sympa communicatif et culturel autour du Vintage. Cela fait plus de 6 ans maintenant que j'organise la broc Vintage au next step, 11 Cour Débille, Paris 11eme, toutes les 2 semaines environs. Cela fait parti du patrimoine et cela nous permet de nous habiller à des coups plus faibles, et sans faire le tour de Paris. On se promène, on ne cherche pas forcément des trucs précis, on échange, les meubles, bibelots, fringues vintages, l'idée de revente me plaît. Je suis assez sélectif dans mes choix de stand, on essaie de rester de 1900 à fin des années 70. Nous même on se fait plaisir. Beaucoup de choses que j'ai chez moi viennent de là-bas. De fil en aiguille il y a eu la presse, les JT, et toute la com' autour, c'est bien. L'ambiance est conviviale, tout le monde se côtoie. La broc, c'est un peu comme une expo, un truc qui intéresse tout public, c'est une association riche en culture. Il y a souvent des animations vintages, des groupes de musiques, un coiffeur retro, etc... C'est la continuité de ma première expérience au Blue Billard.
Et notre dernier gros événement, la broc de la RATP le 10 et 11 octobre 2009 (beaucoup de photos sont sur be burlesque)
Chris do Carmo : Tu lances ta 1ère soirée burlesque au Balajo, parles-nous un peu du lieu, de son atmosphère et de ce projet ?
Turky Fiftiesound : Tout d'abord, il faut savoir que j' organise depuis 16 ans , des soirées, le mercredi du Balajo, le Carré Blanc, le Paris Plage , des soirées au Casino de Paris. J'ai déjà bossé avec beaucoup de monde. Donc le Burlesque au Balajo, cela fait longtemps que cela me trotte dans la tête, depuis le fantastique show que j'avais vu au Canada. Après, le truc c'est de pouvoir le mettre en place. Je suis très exigeant et professionnel dans mon travail. Je n'aime pas les ratages. L'élément le plus difficile est de persuader les patrons des lieux (objectif : rentabilité). Il ne faut pas oublié que cela mobilise du personnel du Balajo.
Le balajo et moi, c'est une longue histoire, le lieu est chargé d'histoire, la salle est magique, vraiment très belle. Il faut que le Burlesque trouve sa place au Balajo. Je suis super content, je vais essayer d'en faire un rendez-vous mensuel, si on a un public, on est capable de faire de cet évènement une référence en France. De plus, la plupart des filles qui vont y participer, je les connais, cela m'aide bien, c'est un point non négligeable.
Chris do Carmo : Que pouvons-nous te souhaiter pour l'avenir ?
Turky Fiftiesound : Toujours autant de motivation.
Chris do Carmo : Un dernier mot pour les lecteurs de beburlesque ?
Turky Fiftiesound : Je leur souhaite d'avoir pleins de shows Burlesque de qualité, d'assister à de bons spectacles avec beaucoup d'ambiance, se rendre à des shows à l'étranger, et aussi de promouvoir ce site, car ceux sont des gars d'exceptions qui font des efforts pour tous à titre grâcieux.
Chris do Carmo : Merci Turky pour ces quelques mots, on se croise prochainement au Balajo, pleins de bonnes choses !
Voir la Galerie photo de l'événement de Turky dépot RATP - Vide Grenier Festif





