El Ricco
Chris do Carmo : Bonjour El Ricco, es-tu Burlesque ou pas ?
El Ricco : Non je ne suis pas Burlesque, sinon je ne pourrai pas être spectateur !

El Ricco - Spectateur du numéro de Scarlett Diamonds.
Chris do Carmo : Pourrais-tu nous donner la définition de Directeur Artistique, ta fonction ?
El Ricco : Le directeur artistique est celui qui donne la ligne formelle d'un journal. Je dis toujours qu'à la base, j'ai une carte de Journaliste, je n'écris pas des mots, mais je fais passer l'information par le biais du graphisme et du visuel. Mon véritable métier est de créer des couv' et faire attention à ce que le journal ne dérive pas ce qui n'est pas facile tous les jours. Il faut savoir gérer le stress et les névroses des autres donc faire un peu de psychologie. Il y a une phrase écrite dans mon bureau: "Faire un journal n'est pas un exercice de démocratie". Il faut savoir faire des choix.
Chris do Carmo : Aspires-tu à d'autres projets, à réorienter ta carrière ?
Serge Ricco : Mes projets ? Evidemment la photographie est l'art du graphisme et elle fait partie de mon métier. Je prends de plus en plus de plaisir dans la photographie. En général les directeurs artistiques se muent en photographe.

El Ricco en pleine action by Chris do Carmo
Chris do Carmo : Est-il possible de te croiser sans appareil photo ?
El Ricco : Non, maintenant non. N'étant pas burlesque, si je n'avais pas d'appareil photo, j'aurai l'impression d'être nu. Je préfère prévenir plutôt que guérir, je ne veux pas manquer une occasion.
Chris do Carmo : A quel âge as-tu reçu ton 1er appareil photo ?
El Ricco : J'ai reçu mon premier appareil, un Instamatic à 7 ans et je m'en servais déjà pas mal à l'époque. Pour la petite histoire, déjà à l'époque, le format était carré.

Exemple de Pic of the Day par El Ricco
Chris do Carmo : Tu as toujours des projets artistiques annexes à ton à coté de ton travail, d'où vient ce besoin ?
Serge Ricco : A la base, lorsque l'on bosse dans un hebdomadaire, le premier ennemi est l'ennui. C'est donc naturel, entre la photo du jour ou bien le bic du jour, c'est quelque chose que je n'ai jamais laissé tombé de coté. Depuis tout jeune, j'ai toujours beaucoup dessiné, le dessin est tourné vers soi et la photo en fait est tourné vers les autres. Je dis souvent la photographie est une rencontre.

Peinture de El Ricco - Encore d'autres talents Artistique pour El Ricco.
Chris do Carmo : Parles nous un peu de ton futur projet axé sur les artistes ?
El Ricco : Le grand projet, tu es le premier concerné. Il s'agit d'un travail de prise de vue sur le vif du Burlesque. Je souhaite créer une série de portrait d'actrice du Burlesque en s'inspirant des fiches de Musha afin de réaliser une image représentant l'univers de la personne et d'assembler tous les métiers. (costumières, coiffeurs, etc...). C'est un travail qui va demander un long temps de confection, on peut dire que c'est la haute couture du Burlesque. Et aussi, les tirages réalisés seront retouchées au pinceau en post-production (ancêtre du photoshop), dans le style des retouches photographiques des Années 50. Il s'agira de tirage unique, par conséquent d'où le lien avec la Haute Couture. J'apporterai donc ma touche personnelle également sur le graphisme en réalisant la typographie du nom de chaque artiste.
Chris do Carmo : Je remarque que tu fais également pas mal de photos Backstage, pourquoi ?
El Ricco : Une des premières raison est que je fais pas mal de photos de défilés de mode et une fois que tu fais du backstage, tu as envie que cela recommence. Tu voies tous les métiers, les choses naturelles. Tu as l'impression d'être la petite souris. Le show, tout le monde peut le voir. Bizarrement dans le Burlesque, le backstage est l'endroit le plus pudique de la soirée. Du coup, prendre des photos en backstage est un privilège.

El Ricco - Photo Backstage
Chris do Carmo : Comment es-tu arrivé à fréquenter le milieu Burlesque ?
El Ricco : En fait le Burlesque, je me suis retrouvé dedans un peu par hasard. J'ai retrouvé un peu toute mon adolescence, (Metal Hurlant, Betty Page, Russ Meyer, John Willie) et à l'époque j'avais le sentiment d'être assez seul et cela fait plaisir de retrouver les choses que j'ai aimé pendant plusieurs années plus tard. De toute façon, dans mon travail photo ou bien d'illustration, je suis toujours passionné par les années 50-60. Dans les soirées Burlesque, cela me permet de photographier mes passions aujourd'hui. J'aime aussi le fait de voir que dans les gens que tu rencontres, il y a une certaine insouciance et des gens pas déprimés et désabusés, ce qui est bien aujourd'hui.
Chris do Carmo : Comment vois-tu l'évolution des soirées de la nuit parisienne ?
El Ricco : Je pense qu'il y a un problème de lieu et le lieu est très important dans la réussite d'une soirée. J'espère qu'il y en aura pas trop car je ne sais pas trop comment je pourrai continuer à les accompagner.

Serge Ricco - Bic of the Day
Chris do Carmo : As-tu des préférences sur les effeuilleuses Burlesque ?
El Ricco : Mes préférences ? C'est difficile. Ce qui est compliqué en tant que photographe est que l'on ne voit pas le spectacle comme tout le monde. Nous avons une autre vision. Nous avons un rapport à l'image, la grâce, ce n'est pas une compétition. A chaque soirée, j'attends à être touché. Certaines fois, le même numéro Burlesque est fantastique, d'autres fois le même numéro un peu moins. C'est l'ensemble de la soirée qui est important et pas seulement une seule performance. Par exemple, à la Glitter Fever 3, tout le monde avait des yeux d'enfants. Je n'arrive donc pas à mettre en avant une effeuilleuse plus qu'une autre.
Chris do Carmo : As-tu toujours habité à Paris ?
El Ricco : Je suis arrivé à Paris à l'âge de 10 ans, donc oui, on peut dire que je suis parisien.

Lalla Morte par El Ricco Paname Burlesque Revue n°4
Chris do Carmo : Comment était le Serge petit ?
El Ricco : Il n'a jamais été grand. Je pense que j'étais beaucoup plus timide qu'aujourd'hui. Déjà tout petit, à l'âge de 2 ans il parait que déjà j'aimais dessiner. Un de mes oncles travaillait dans une grande Maison de Lingerie Lyonnaise. Et une fois à 11 ans, j'étais dans un salon à Versailles et mes parents m'ont laissé 3 heures assister au spectacle, défilé seul. Je pense que cela a du me marquer. Aussi un peu plus tard, une de mes premières bandes dessinées était Rocketeer, et le dessinateur a fait une série de dessin très très proche de Betty Page. Sublime. A l'époque j'adorais Rocketter et aussi Albator. Je me souviens tout petit un été, je disais à tout le monde, qu'il y aurait un super Pirate de l'Espace à la rentrée...
Chris do Carmo : Lors de tes nombreuses rencontres, il y en a t-il une qui t'as le plus marqué ?
El Ricco : Oui, il s'agit de la prise de vue que l'on (avec Patrick Messina) a fait de Clint Eastwood. On avait seulement 5 minutes. On a attendu 2 heures au Plaza Athénée. Quand soudain, là, on voit notre héros arriver avec un polo vert et une petite veste, genre retraité. La première impression était étrange mais il était charmant. Puis dès qu'il s'est mis devant l'objectif, soudain, on a vu son regard se durcir, il a arqué ses jambes et là, mon idole était devant moi. Moment très fort. Après notre temps alloué, il repart, et 5 minutes plus tard, on entend toqué à la porte. C'était Clint Eastwood en face de moi, et il me demande où sont les toilettes. On se précipite, on recherche les toilettes dans la grande suite, il entre et là grand silence. On entend Clint, (le Bon la Brute et le Truand; Pour une Poignée de Dollars, l'Inspecteur Harry et tant d'autres...) qui se met à uriner. C'était un moment énorme gravé à jamais dans ma mémoire.

Ciint Eastwood by El Ricco - Bic du Jour
Chris do Carmo : Ou aurions nous la possibilité de te croiser ?
El Ricco : Dans Paris. Je n'ai pas de permis, je marche dans le Métro, je bouge souvent dans Paris.
Chris do Carmo : Pour conclure, un dernier mot, un message..
El Ricco : Best Regards...
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